Je sais comment le faire.
En fait je sais presque tout.
Ou je ne sais rien, selon la température.
J'ai la forme d'une voix qui de ses tentacules filamenteuses envahis le système nerveux comme une dose d'endorphine. Ma voix calme et certaine, grave, celle d'un homme grand, fort, un père, un premier ministre, un sauveteur, un Dieu, agit comme un beaume laiteux sur une plaie rouge vive. Je suis un médecin, un pompier, un orthopédagogue.
Mon téléphone est gris. 2 teintes: gris pâle et gris foncé. Le volume de la sonnerie est ajustée à 3/10. Celui du combiné à 2/10. Je n'aime pas entendre les gastrulences de mes interlocuteurs. La salive qui bouge, le bonbon dur qu'ils ont dans la bouche percute les dents, le bruit de succion avec la langue, le son creux du liquide qui dissout tranquillement un petit truc chimique, sucré, dans une bouche molle. Un réservoir à fluide étrangers sous un nez qui respire, le mucus qui sèche et créé un tunel d'air aminci, une petite flute.
J'écoute tout, j'entend rien.
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